Pourquoi ce site ?

La Grand' Place et l'hôtel de ville d'Estaires en 1918Je travaille sur Internet depuis bientôt 10 ans et la création sur ce média est un besoin constant pour moi. Pourtant, cette fois, c'est un besoin plus haut qui m'a fait lancer ce site Web entièrement dédié à la bataille de la Lys. Pas celle de 1940, mais celle d'avril 1918, que les anglais appellent également 4th Ypres. Passée dans la mémoire collective derrière Verdun et le Chemin des Dames pour les français, et derrière Passchendaele et la Somme pour les britanniques, cette bataille constitue l'ultime tentative de la part des troupes allemandes d'affaiblir le front anglais et d'accéder aux ports de la Manche, Calais en particulier.

Ernest HoustePourquoi cette bataille ? Elle me tient à cœur pour deux raisons. Ma ville natale, Estaires (dans les Flandres françaises) s'est trouvée sur le front lors de cette bataille et a été intégralement rasée, comme tant d'autres villes, lors de l'assaut des troupes allemandes le 10 avril. Deuxième raison, mon grand-père paternel a servi dans le 104e régiment français d'artillerie lourde et a été sévèrement blessé lors de l'assaut du mont Kemmel à la fin du mois d'avril. Un œil perdu à cause d'un éclat d'obus, au premier jour de la bataille. Je ne l'ai jamais connu, il est mort bien avant ma naissance, mais j'ai l'impression que je lui dois un témoignage sur ce qu'il a vécu ces jours, ces semaines, ces années-là. Cette bataille de la Lys dont les bombardements, disait-on, dépassaient en puissance ceux de Verdun. Voilà pourquoi j'éprouve ce besoin (ce devoir ?) de témoigner et de laisser quelque part une trace sur cette bataille si méconnue.

L'introduction de De secrètes injustices de Xavier Hanotte m'a fait prendre conscience un peu plus de ce besoin, de ce devoir. Même s'il est dérisoire face à l'épreuve du temps :

Ce sera bientôt inutile. Car l'oubli travaille. Les hommes meurent, les noms s'effacent, les injustices s'estompent - même, et surtout les plus monstrueuses. Et chaque fois que cela se produit, c'est aussi un peu de sens qui meurt.

Jusqu'au sens des mots. Ainsi Passendale. Aujourd'hui, ce nom n'évoque plus le jalon final d'une offensive dérisoire, l'océan de boue sanglante où se noyaient pêle-mêle vivants et morts. Non, Passendale, dans l'esprit des gens, ce n'est même plus un village...

C'est une marque de fromage.

Crédits photographiques

La Grand' Place et l'hôtel de ville d'Estaires en 1918 - Collection Estaires.com
Ernest Houste en 1954 - Collection personnelle

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