Le Pays de France - n°186

Le Pays de France (sous-titré Organe des états généraux du tourisme) était à l'origine un mensuel édité par le journal Le matin et destiné à la promotion touristique. Son numéro 1 paraît, comme mensuel, le 10 mai 1914 et s'interrompt avec son numéro 3 en juillet 1914. Le 12 novembre 1914 il devient hebdomadaire et cessera de paraître en 1919, son numéro 219 paraît le 26 décembre 1918. Sur un ton résolument patriotique, il relate par les mots, les plans de batailles et les photographies la vie des soldats et des français lors de la Première Guerre mondiale.[1]

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Extrait

La semaine militaire du 25 avril au 2 mai 1918

Une nouvelle phase de l'offensive allemande s'est ouverte le 25 avril par une attaque de grand style contre les lignes franco-britanniques du nord de Bailleul à l'est de Wyschaete. a cette attque a succédé une autre, non moins importante, le 23 sur le même front depuis meteren jusqu'à Zillebeke. Les violentes batalles qui se sont livrées à cette occasion se sont terminées pour l'ennemi par des échecs, car les déplacements de ses lignes qu'il a obtenus sont des résultats insignifiants par rapport au but visé et à l'importance des pertes qu'ils ont coûtés. L'effort que les Allemands ont fourni dans ces nouvelles attaques est un des plus puissants qu'ils aient faits depuis la récente offensive générale.

Sur le front de la première attaque, l'action est menée par neuf divisions : la bataille fait rage principalement aux environs de Dranoutre, du mont Kemmel et de Vierstraat. Après des alternatives diverses, les alliés se voient contraints d'abandonner à l'ennmi Dranoutre, le mont Kemmel et le village. Dans la même journée, ils contre-attaquent avec succès ; mais l'ennemi revient à la charge avec des forces considérables contre leurs positions de Locre à la Clytte et celles qui étaient à cheval sur le canal Ypes-comines. Après des combats très durs, et surtout très coûteux pour l'assaillant, notre ligne recule quelque peu dans la direction de Locre, ainsi que sur les deux rives du canal. Cette bataille se poursuit encore durant la journée du 27 avec une fureur qui n'avait pas été atteinte jusque là.

Au nord de la Lys les Boches essaient, par des efforts répétés, d'exploiter les avantages obtenus la veille, sans égard pour les nouvelles pertes que leur infligent les alliés. Mais ils sont nettement contenus et ne peuvent plus que piétiner sur leurs positions. Les assauts contre les positions françaises de Locre à la Clytte ont été particulièrement brutaux ; au quatrième seulement l'ennemi réussit à enlever Locre, mais dans la soirée les alliés reprennent le village en une brillante contre-attaque. Même acharnement au nord de Kemmel et près de Voormezeele qui finit par rester entre nos mains malgré l'opiniâtreté des Boches et l'attaque qu'ils prononcent le même jour au bois de la crête, au sud-ouest de là. Dans ces engagements nos troupes font plusieurs centaines de prisonniers.

Au cours de la journée du 28, alorsque le reste du front est relativement calme, les villages de Locre et Voormezeele font de nouveau l'objet de combats furieux, mais sans résultats pour les Allemands. Cherchant à tout prix une décision, ceux-ci ouvrent, le 29, un bombardement intensif contre tout le front Meteren-Voormezeele-Zillebeke et le font suivre d'une puissante attaque qui embrasse toute la ligne, soit une vingtaine de kilomètre ; en même temps, ils attaquent les Belges au nord d'Ypres. Les assauts se répétent sans interruption et toujours avec des troupes renouvellées. les Français occupenn, dans cette partie de la bataille, les hauteurs aux environs du Scherpenberg et le mont Rouge, à l'ouest du Kemmel. Malgré ces assauts exceptionnellement rudes nos lignes et celles des Belges restent intactes. On constate que l'ennemi a payé d'immenses pertes cette infructueuse tentative de forcement de notre front, qui s'est soldée pour lui par une défaite de plus. Cette journée du 29 avril est l'une de celles dans lesquelles depuis le 21 mars il a sacrifié le plus de troupes sans aucun profit. A la suite de cette grande bataille, on ne signale rien sur ce front ni le 30, ni le 1er mai. Ce front, le 2 mai, marque une ligne droite de l'est d'Hazebrouck à l'est d'Ypres. De Meteren à la Clytte il est occupé par les Français dont la ligne a pour point d'appui la région des monts, celui des Cats, à 4 kilomètres en arrière, puis le Kokereele et, presque sur la ligne de feu, les monts Noir, Vidaigne et Rouge que prolonge le Scherpenber. Au nord, les anglais combattent dans la plaine d'Ypres : leur front est de 3 kilomètres environ, divisé en secteurs par l'étang du Dickebusch, le canal de Comines, l'étage de Zillebeke. Au delà, ce sont les Belges.

Pendant que se déroule cette bataille les Français, le 24, reprennent au nord-ouest de Festubert, quelques positions perdues le 22 et repoussent une forte attaque à l'est de Robecq. Du 26 au 27 nous perdons là un petit poste, mais nos troupes le reprennent le 29 en y faisant cinquante prisonniers.

[...]

Ainsi, d'Ypres à Noyon, les efforts des Boches, bien que considérables, restent, depuis le commencement de leur grande offensive, sans résultat majeur. Ils ont pu, au prix de sacrifices formidables, prendre pied sur les marges de leurs objectifs, mais ces objectifs eux-mêmes, ils n'ont pu, en un mois et demi de lutte, les atteindre.

Notes

[1] Cette description du journal Le Pays de France provient de la Wikipedia et est grandement inspirée du site anglais The Great War in a Diffrent Light

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