Le Pays de France - n°184

Le Pays de France (sous-titré Organe des états généraux du tourisme) était à l'origine un mensuel édité par le journal Le matin et destiné à la promotion touristique. Son numéro 1 paraît, comme mensuel, le 10 mai 1914 et s'interrompt avec son numéro 3 en juillet 1914. Le 12 novembre 1914 il devient hebdomadaire et cessera de paraître en 1919, son numéro 219 paraît le 26 décembre 1918. Sur un ton résolument patriotique, il relate par les mots, les plans de batailles et les photographies la vie des soldats et des français lors de la Première Guerre mondiale.[1]

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Extrait

La semaine militaire du 11 au 18 avril 1918

La bataille engagée par les Allemands, le 9 avril, sur le front canal de La Bassée-Fleurbaix, après avoir gagné de proche en proche jusqu'à Hollebecke, sur le canal Ypres-Commines, n'est pas encore achevée à la date du 18. L'importance du but à atteindre explique l'acharnement avec lequel l'ennemi la pousse à fond ; il ne s'agit pour lui rien de moins que de parvenir au littoral, où la possession de Calais et de Dunkerque lui assurerait une situation exceptionnelle. Il tend vers ces objectifs par les directions de Béthune, d'Aire et d'Hazebrouck. Cette bataille a été déchaînée et reste entretenue suivant les principes les plus stricts d'offensive allemands, qui comprennent surtout des assauts en masse compactes, indéfiniment renouvelés contre les points attaqués, sans égard aux pertes formidables qu'ils coûtent. Ces chocs répétés n'ont pourtant pas réussi à rompre le front britannique, ce qui était leur but ; mais ils ont contraintnos alliés à se replier de jour en jour, pour éviter précisément cette rupture, ce qu'ils n'ont pas fait sans combattre avec la ténacité qu'on leur connaît, et sans détruire dans une large mesure les effectifs de l'ennemi.

C'est le 11 que la bataille prend de l'extension vers le nord. Après des luttes héroïques nos alliés doivent abandonner successivement plusieurs localités : Estaires a été perdu le 10, Merville est pris pas les Boches le 12. Les efforts de l'ennemi sont alors tout entier portés vers Bailleul, qui, au pied des "Monts" de la région, est un noeud de routes et de voies ferrées. Cette position est attaquée par le sud et par le sud-ouest ; en même temps d'autres combats dont elle est également le prix, éclatent entre Neuve-Eglise et Wulverghem, à l'est et au nord-est. Neuve-Eglise est disputé avec une opiniatreté remarquable, même dans une bataille ausse acharnée que celle-là. L'ennemi réussit, le 13 au soir, à y pénétrer ; au matin il en est chassé ; on se bat sans interruption le 14 autour du village : le 15, les Anglais doivent l'abandonner à nouveau après l'avoir défendu toute la journée. L'ennemi entretient ses attaques, dans tous les secteurs du front de bataille, au moyen de troupes toujours fraîches, amenées sans discontinuer de l'arrière. Le 16, après un bombardement violent, il lance trois divisions à l'assaut de Bailleul, auquel les Anglais sont contraints cette fois de renoncer, ainsi qu'aux hauteurs immédiatement voisines : ils se retirent sur une série de renflements, appelée Mont des Cats, qui peuvent leur offrir un point d'appui appréciable

En même temps d'autres combats se déroulent, plus au nord, vers Wyschaete et Saint-Eloi qui, attaqués avec des forces supérieures à la faveur d'un épais brouillard, sont également enlevés par l'ennemi le 16 après une journée de lutte violente. Pendant que les Allemands remportaient ces succès, ils échouaient dans pluisuers attaques contre Vieux-Berquin, sur la route de Merville à Bailleul, à mi-distance de ces deux endroits. La perte par les Anglais de la région limitée à l'est par Hollebecke, Armentières et La Bassée, en creusant dans leurs lignes une profonde poche limitée par Robecq et la lisère occidentale des bois de Nieppe, accentue l'excentricité du saillant d'Ypres qu'ils occupent encore. Le commandement prend le parti de rectifier ses lignes dans ce secteur en les reportant à l'ouest sur des positions organisées en prévision de cette manoeuvre. Ce repli s'effctue de nuit à l'insu des Allemands. Au cours de la journée du 17 l'ennemi multiplie ses attaques sur le front de bataille, mais un seul succès consiste à l'enlèvement de Meteren, village à l'ouest de Baillul, qui finit par lui rester après avoir passé de main en mais au cours de toute une journée de combat

Cependant, l'unité de commandement s'est immédiatement traduite par l'unité d'efforts. des troupes françaises envoyées en hâte à l'aide des Britanniques ne tardent pas à entrer en scène. On signale officiellement leur présence, le 17, sur le front Bailleul-Ypres.

Notes

[1] Cette description du journal Le Pays de France provient de la Wikipedia et est grandement inspirée du site anglais The Great War in a Diffrent Light

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